Qui suis-je ?

vendredi 18 mai 2007
par  le chazellois

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QUI SUIS-JE ?

- De ces lignes et la valeur de ce témoignage, je suis bien obligé de dire qui je suis, pourquoi et comment j’ai vécu en ce pays.

- Natif de Chazelles en 1910, de parents Chazel1ois. Mes deux grands-mères étaient nées également au pays.
Mes deux grands-pères venaient de communes voisines du Rhône (Meys et Souzy). Mon grand père Bazin était le cousin d’Elisabeth Bazin, née comme lui à Meys et qui fut la mère du Président Félix Faure, l’imposant Président de la République de 1895 à 1899, et dont la fin agita fort
L’Elysée et les milieux politiques et autres en Europe.
Protagoniste de l’alliance franco-Russe, un ouvrage en ma possession témoigne de ses qualités d’homme d’état.

- Ma petite enfance se situe dans ces quatre ans d’avant guerre qui pressentaient le conflit et l’un de mes plus vieux souvenirs est celui de la mobilisation de 1914.
Mon père avait 34 ans, il partit dès les premiers jours. Il laissa à ma mère la charge de notre modeste entreprise de cartonnages dans laquelle elle épuisa sa santé et, décéda quelques années après le retour de mon père.Lequel avait été épargné pendant la campagne, classé service auxiliaire pour état variqueux, ce qui fut peut être la cause indirecte de son décès prématuré. La disparition de mes parents orienta mon existence très différemment de ce que j’avais rêvé. Il m’a fallu compléter ma formation
d’autodidacte certes dans un entourage d’oncles professeurs, fonctionnaires d’un certain niveau.
Ils me donnèrent de solides connaissances civiques qui demeurent des références utiles dans mon action future. Dès mon enfance, j’ai vécu de bons moments lorsque la guerre 1914 se termina,jusqu’à la mort de ma mère. C’est elle qui m’inspira de ses sentiments chrétiens et de la véritable charité chrétienne, que je me suis efforcé de suivre durant toute ma vie, et selon la morale et l’éducation stricte de l’école publique entourés de grands parents maternels qui choyèrent l’enfant unique de leur fille unique. Ma grand-mère qui était aussi ma marraine, m’a imprégné de sa bonté naturelle et de ses connaissances rares pour l’époque. Plus tard, j’ai enregistré de nombreux souvenirs et anecdotes racontés ça et là. Nous recevions fréquemment de vieilles personnes pour une sorte d’hospitalité généreuse, atténuant leur solitude et parfois leur dénuement. Elles faisaient assaut d’histoires drôles d’un passé lointain. Je lisais beaucoup et tout ce qui me semblait valable.

- J’assimilais la politique, au point que si l’ENA avait alors existée, j’y serais sans doutée passé. Avec le recul, je vois très bien quelle voie se serait ouverte devant moi. Mon adolescence est venue. Je ne serai sans doute pas resté au pays. Mais j’ai dû seconder mon père dans un métier que je n’ai jamais aimé, et il m’a fallu le remplacer pour diriger mon cartonnage à travers les difficultés de la concurrence, les fluctuations de la chapellerie, l’évolution de l’emballage et l’impossibilité d’investir assez pour faire face aux besoins nouveaux. J’ai dû attendre jusqu’à la cessation de mon activité, faire de la représentation ; le détail, les emballages spéciaux se faisaient chez moi, tels ceux d’Angénieux d’un conditionnement des éléments délicats destinés à la NASA. Les quantités et les séries importantes à livrer par des cartonneries qui fabriquaient depuis la matière première jusqu’à l’emballage transformé, je me demande parfois comment j’ai pu faire face, lorsqu’à partir de 1944 il m’a fallu assumer des fonctions officielles auxquelles je me suis exclusivement consacré seulement les dix dernières années de ma vie publique.

- Dès l’âge de 14 ans, mon père aidant, mon directeur de C.E.G., Jean Marie GRANGER également, je me suis intéressé à la vie politique, au fonctionnement des institutions de la République que j’avais appris à vénérer. En 1924, le 11 mai, les élections législatives avaient remplacé la Chambre des députés dite du bloc national de Poincaré, dite encore « bleu horizon » en allusion aux anciens combattants, par celle du cartel des gauches d’Edouard Herriot. Cet homme d’Etat que plus tard j’ai connu de bien près me séduisait parce qu’il était près de chez nous (Maire de Lyon) et parce que je connaissais son talent d’homme de lettre, d’orateur aussi.

- Il venait d’écrire la Forêt Normande, que j’ai lu, bien sûr. Il lui a fallu encore trente ans pour entrer à l’Académie Française. Mon Père m’avait expliqué le mécanisme de la constitution de 1875 et la façon de changer le Président du Conseil, le Premier Ministre d’alors. Il m’avait prédit que la crise politique du moment amènerait la démission du Président de la République. C’est arrivé. Alexandre MILLERAND, Chef d’Etat depuis 1920, fut récusé par HERRIOT. Le Président de la République, contrairement à son rôle d’arbitre, à l’époque, avait pris parti pour le bloc national. On n’a retrouvé pour former le Cabinet que le Ministre des Finances sortant, François MARSHAL, renversé dès le premier jour par la chambre. Le Président de la République du se retirer, mais le cartel essuya son premier échec, son candidat PAINLEVÉ, Président de la Chambre fut battu par le Président du Sénat Gaston DOUMERGUE. Le débonnaire Gastounet, qui appela HERRIOT sans problème, et lorsque je constate ce que l’on suppute pour 1986, je n’ai pu m’empêcher de faire un rapprochement avec la crise présidentielle de 1924, alors que le Président de la République n’avait pas la responsabilité d’après la Constitution de 1875, qu’il n’en va pas de même aujourd’hui avec celle de 1958. Je reviendrai plus loin sur les évènements politiques depuis cette époque.

- Puis j’ai vécu ce qu’on appelait la vie de garçon jusqu’à mon régiment accompli selon le choix autorisé aux titulaires du brevet de préparation militaire. Me voici à Tunis, au 4ème groupe d’aviation là où se trouve aujourd’hui l’aéroport de Tunis-Carthage. One mois sans venir, onze mois dans un bureau d’une escadrille. Période heureuse somme toute, si peu militaire que possible, selon le climat particulier de l’aviation. Des journées de week-end passées dans la famille d’un camarade de Tunis servant avec moi au 4ème G.A.A. Le premier dimanche en compagnie d’un ami d’enfance originaire de Veauche, employé de la Société Générale de Tunis. Au cours d’une de nos premières sorties, nous fûmes « requis » par une troupe de la Comédie Française pour un petit rôle de soldat romain dans la pièce de Sophocle, Electre, donnée au théâtre antique de Carthage. Il fut question de nous emmener faire la tournée des « villes d’or », anciennes cités romaine d’Algérie-Tunisie. J’avais peur de ce qui pouvait arriver, bleu que j’étais. Mais la Présidente du Comité me fit l’offre de demander une autorisation spéciale au Général De CHAMBLUN, Commandant Supérieur des troupes de Tunisie et présent à la représentation aux côtés du Résident Général François MANCERON. Je n’ai pas osé. Baignades les dimanches d’été à la plage St Germain, résidences des familles françaises de condition moyenne. Chasse l’hiver dans le bled passe-temps qui ne me plaisait pas trop. Au camp, j’ai vu passer toutes les grandes vedettes de l’aviation des records de l’époque : COSTES, LE BRIX, BELLONTE, PELLETIER-DOISY qui commandait le premier groupe d’aviation d’Alger, MARIE HILTZ, MARYSE BASTIE, le Tchèque BATA, le célèbre chasseur. Je n’ai qu’aperçu un jour le Général FRANCHET D’ESPEREY, inspecteur des armées d’Afrique du nord ; l’inspection étant chez nous rapide et superficielle, nous ne participions pas à la parade militaire. Les ruines de Carthage sont décevantes, mais elles avaient été mies en valeur en 1930 pour le déroulement du Congrès Eucharistique Mondial que présidait le Cardinal LEPICIER. Face au culte musulman, se dresse la cathédrale
de Carthage, basilique blanche que l’on aperçoit au premier plan à l’arrivée des bateaux de France fut érigée par le célèbre cardinal LALIGERIE qui dans un toast fameux prononça d’ordre du Pape Léon XII à Alger, le ralliement de l’église à la République Française. De mon bureau, je voyais passer par le chenal de la Goulette à Tunis les bateaux porteurs de courriers attendus. « Vive la Tunisie, restons de bons amis », chantions-nous lors de la fête traditionnelle dans l’armée du « Père Cent ». J’aurai pu rester là bas, une belle situation m’était offerte. Mais mon père avait trop besoin de moi. J’y suis retourné 22 ans après, parcourant la « régence » du nord au sud, assistant à l’issue du ramadan clôturé par la parade du bey défilant dans son carrosse, chamarré de la tête aux pieds cependant que je sentis tant de manifestations qui ne trompaient pas ; les Arabes souvent méprisés acclamant déjà Bourghiba.

- En 1932, j’ai repris une activité auprès de mon père, et en 1934 je me suis marié avec l’élue de mon cœur à partir de sentiments spontanés et durables. 50 ans d’une union solide qui nous a permis de traverser solidairement les épreuves qui ne nous ont pas manqué. 40 ans de vie publique dont ma femme a souffert tout en m’apportant son appui ferme autant que discret. Nous venons de fêter nos noces d’or, entourés de parents et d’amis. Etroitement unis, nous n’avons eu qu’un enfant, une fille, notre fierté. Elle est allée sur la voie souhaité par elle, élève de la faculté de Lyon, elle est devenue pharmacien et titulaire d’une officine difficile à assumer dans une ZUP de Saint-Etienne. Un vide dans notre existence, absence de petits enfants.

- En 1939, le fus mobilisé appelé dans un dépôt d’essence avancé de la 6ème armée, d’abord sur les Alpes, face à l’Italie Mussolinienne, puis vers la percée Allemande de Rheinhausen. J’eus la chance d’échapper à la captivité malgré nos positions de la dernière période sur l’Ourcq. Nous devons notre salut à une décision de notre chef de poste. J’avais reçu à Gap le général BESSON, une des lumières de l’Etat Major, commandant de groupe d’armée, originaire de Pomeys dont le père fut Maire dans le passé et qui était l’oncle du Pésident PINAY. Mon parrain avait suivi sa carrière, lui qui l’avait connu enfant.

- L’armistice nous trouva à Saint Léonard de Noblat (Haute Vienne) où nous avons, mes camarades et moi, échappés, la nuit de l’armistice à un attentat contre notre train d’essence en cette gare de Saint Léonard. Nous en avions la surveillance, la responsabilité, mais le carburant était envié. Certes ayant vu la formidable poussée des armées allemandes, l’irrésistible pression des
blindés, la cauchemardesque vague aérienne, puis le douloureux exode des populations, l’arrêt des hostilités nous soulagea.

- Cependant, je n’ai pas aimé le sourire du général Weygand, ministre de la guerre, et commandant en chef de ce qui restait des armées françaises, venu après coup inspecter à Saint Léonard ce qui restait de la 6ème armée et cela dans une atmosphère de 14 juillet. Le lendemain, l’Assemblée Nationale de Vichy abolissait la République. Le Président LEBRUN se retirait devant le maître sous tutelle de notre pays. Dès lors, j’ai compris la carence de nos chefs militaires qui avec la ligne Maginot, réputée imprenable, aisément contournée, nous avait dotés d’une armée faite pour la guerre précédente. On avait voulu détruire la République, le régime Hitlérien était alors en puissance de s’imposer dans toute l’Europe et la France n’avait qu’un pseudo gouvernement.

- Dans mon esprit, naissait l’esprit de résistance qui imprégna petit à petit beaucoup de français. On connais la suite. Le colonel inconnu du grand public, méprisé par les grands chefs pour avoir recommandé une armée blindée était alors à Londres. Son appel retentit dans nos cœurs jusqu’à la délivrance.

- A la libération, je fus donc le Maire rassembleur et Républicain. Le système électoral institué à la proportionnelle obligeait les hommes publics à adhérer à un parti. Je dus, contre mon gré, d’ailleurs, venir au parti Radical. C’étais le moins disciplinaire et le plus près de mon souhait de rapprochement des hommes avec la haute inspiration morale d’Edouard HERRIOT.

- Je suis resté 28 ans dans les rangs, puis à la tête de la fédération départementale, puis au bureau national, du temps de BILLIERES, de la rue Valois qui n’étais pas ce qu’elle est aujourd’hui. Trois de Maire dont il est fait état par ailleurs, puis 12 ans sans mandat, mais appelé au militantisme d’administrateur d’office d’H.L.M. départemental ou d’arrondissement, du crédit immobilier, animateur des délégués cantonaux d’éducation nationale, des organisations des vieux travailleurs . La quatrième république ne me fut guère favorable. Je suis revenu sur la scène avec la 5ème. Entre temps, j’ai orienté et activé ma petite entreprise avec le volet d’agent commercial. Plusieurs fois candidat à la députation dans ma circonscription d’arrondissement sans sucès. Avançant à chaque pas, j’avais fini par conquérir les Montbrisonnais au moment, ou fort de multiples appuis, je refusais de retourner devant les électeurs.

- Un bon souvenir me reste des campagnes 67 et 68 où je me suis trouvé Président de la Fédération de la Gauche, fondée par François MITTERRAND. Celui-ci m’apporté à l’époque un appui et une amitié exprimés publiquement. Charles HERNU, aujourd’hui ministre des armées, menait le même combat dans la Loire et Gaston DEFERRE vint plusieurs fois nous épauler lui aussi. Mes efforts et une certaine réussite étendit la sympathie dont je bénéficiais à Chazelles au canton tout entier qui m’a fait trois fois confiance au premier tour de scrutin. J’ai trouvé dans cette assemblée un accueil d’autant plus cordial qu’il avait été précédé d’une réputation de sectarisme de la part de certains adversaires de mauvaise foi. J’étais bien tout le contraire du portrait qu’on avait voulu faire de moi.

- Le Président PINAY en particulier m’a témoigné de suite une sympathie allant nettement jusqu’à l’affection et cela, dieu merci, continu solidement alors qu’il a largement dépassé les 90 ans. Originaire du chef lieu de canton voisin de St Symphorien sur Coise, j’avais eu, jusqu’aux années 60, peu d’occasion de le rencontrer familièrement. Ses qualités d’homme d’état simple et de bon sens, j’ai eu tant de fois l’occasion de les apprécier. Lui-même m’avait dit, lors de notre première rencontre, « j’aime les gens qui travaillent ». Cela sous entendait bien des choses. Au bout de trois ans de stage si je puis dire, le Président me fit désigner au Bureau du Conseil Général et à la commission Départementale. Ce rouage administratif aujourd’hui aboli par la loi de décentralisation, donnait à coup sûr, les garanties pour la bonne gestion du Département et l’application des décisions de l’Assemblée. 7 Conseillers Généraux, désignés à l’image du Conseil siégeaient une fois ou deux par mois, avec le Préfet, dans une ambiance de véritable amitié, le représentant de l’Etat compris, qui nous recevait généralement à déjeuner à Cizeron, résidence d’été des Préfets d’honneur, puis résidence permanente à Saint Genest Lerpt.

- Nous-mêmes invitions parfois le Préfet et son épouse dans l’un de nos chefs lieux. C’est ainsi que 12 ans durant, j’ai été le secrétaire d’un Conseil restreint qui gouvernait pratiquement notre département. Parmi les décisions qui m’étaient dévolues, les délégations qui m’étaient confiées, j’ai siégé au Comité d’Expansion dont j’ai été le président pendant 12 ans succédant à mon ami Claudius PETIT, ancien ministre et résistant connu. Notre organisme, animé par des directeurs compétents et dynamiques en particulier l’actuel, entouré de collaborateurs dévoués et consciencieux, Emile JAQUEMET a été le moteur principal de la reconversion industrielle de la Loire.

- J’ai été pendant 18 ans un des administrateurs de la Maison Maternelle Départementale, chère au Président PINAY et établissement social de haute valeur, longtemps aussi au Conseil d’Administration de l’Office Départemental d’H.L.M., ce qui m’a permis de créer sur Chazelles et Saint Denis sur Coise 340 logements qui pallièrent à la crise qui sévissait depuis 1919, du centre ville souvent vétuste, inadapté à la vie actuelle.

- J’héritais aussi de la Présidence du Crédit Immobilier de Montbrison fondé par le Chazellois Henri BOUVAI N et qui a construit en 25 ans plus de 250 pavillons individuels ou groupés, la municipalité ayant créé 5 ou 6 lotissements à prix modéré. A propos de lotissement, j‘ai présidé jusqu’à maintenant la commission qui propose les subventions départementales aux lotissement municipaux. Il est très difficile de raconter sa propre action dans le cadre d’un mandat. On en trouvera l’essentiel au long de ces lignes, sous d’autres rubriques.

- En 1973, fut créé le Conseil Régional dans le cadre d’une première étape de décentralisation. J’y fus délégué par le Conseil Général 3 fois 3 ans appartenant un moment à la commission permanente et pendant tout le temps, à celle de l’éducation, de la recherche et de la culture où j’ai côtoyé des hommes éminents, tels que Jacques SOUSTELLE de l’Académie Française, ancien ministre du Général DE GAULLE, Louis JOXE, ancien ministre qui fit souvent l’intérim du premier ministre, Louis MERMAZ, Président de l’Assemblée Nationale qu’une indisponibilité de dernière minute empêcha de venir présider l’inauguration de notre collège Jacques BREL, Georges FILLOUD, ancien ministre de l’information. Nous étions chargés de pousser, de financer, de classer selon les urgences la construction des collèges, entre autre, celui de Chazelles dont je suis très fier. Je veux dire à ce sujet que, sans rentrer dans les méandres des querelles scolaires, la dualité de l’enseignement n’ai pas permis de créer à Chazelles un lycée comme à Feurs, à Charlieu et ailleurs. Nos enfants auraient pu aller au bac sur place avec tout ce que cela suppose comme avantages pour les familles. Le Conseil Régional, du moins dans ses débuts, fut assez décevant, la mise en place difficile et la politisation excessive du fait de parlementaires qui ont apporté leur méthode d’assemblée, accentuant les partis politiques. Nous étions quelques uns non inscrits et bien à l’aise de n’avoir pas de contrainte à subir, même entre nous. J’ai retrouvé dans l’assemblée d’anciens amis, Marcel ANTONIOZ, maire de Divonne, député de l’Ain, chez lequel j’avais séjourné à la libération, Charles HERNU, avec qui, avant qu’il ne fût ministre, ancien co-listier de 1967. Un jour j’appris, par le Préfet COUZIER que je venais d’être nommé membre de section au Conseil Economique et Social à Paris, section des Finances, pour 2 ans. Normalement, je devais être promu, le temps écoulé, Conseiller de plein exercice pour 5 ans, mais des raisons politiques ont firent passer devant moi un ancien député de la Loire plus près du gouvernement. Dans cette commission siégeaient des hommes éminents tel le doyen VEDET, juriste de renommée mondiale, Pierre URY un des économistes les plus compétents de la gauche, TEYSSIER, Président de la C.F.T.C. , MENU , président de la C.G.C.. J’ai appris beaucoup de choses et j’avais des contacts avec le président de l’Assemblée, Gabriel VENTEJOL que j’avais reçu à Saint-Etienne, lequel comme leader de F.O., avait remplacé au fauteuil présidentiel Léon JOUHAUX, le grand leader syndicaliste.

- Une réception solennelle pour le quarantième anniversaire de l’assemblée fut donnée dans l’immense salle du Palais d’Iéna. Le gouvernement, qui était représenté par la plupart de ses membres, et le Président de la République Giscard D’ESTAING était présent. Dès que je quittais le C.E.S., je fus surpris par la proposition de la fédération des collectivités concédantes, auquel adhère notre syndicat que je préside dans la Loire, pour sièger au conseil d’administration du Gaz de France où j’ai accompli mon mandat de 5 ans. Il y avait également dans cet aréopage de très hauts fonctionnaires dont les présidents BLANKART et ALBY, les gouverneurs de la banque de France monsieur CAMDSUS, l’ancien commissaire général du plan monsieur HIRSH. J’ai suivi de très près l’éruption du marché mondial du G.N.L.,notamment avec l’U.R.S.S. et l’Algérie. Les problème de stockage sur terrain, la distillation de la houille sur place, autrement dit la gazéification du charbon, problème qui intéressait le bassin stéphanois. J’ai pu faire avancer la desserte de la Loire par le gaz. Des ministres suivaient notre action, et notamment Laurent FABIUS qui a décoré de la Cravate de la Légion d’Honneur le président ALBY. Mon mandat de 5 ans se terminait fin 1984 et la nouvelle composition du conseil d’administration dépendait de mon ami Jean AUROUX, alors secrétaire d’Etat à l’énergie, qui souhaitait que je reprenne du service, mais je lui opposais mon âge, j’étais le doyen. A la dernière minute, il me téléphona pour me demander s’il pouvait disposer de mon siège. J’acquiesçai, bien entendu, car les déplacements parisiens trop fréquents me fatiguaient. C’est ainsi que j’ai aliéné volontairement sur 4 ans mes mandats : conseiller régional en 1982, maire en 1983, administrateur du gaz de France en 1984, et en 1985 celui de conseiller général.
Il faut se retirer à temps, avant que le déclin de l’âge ne s’accuse, prendre plutôt le parti des archevêques qui déposent la crosse à 75 ans, que celui des dirigeants du kremlin qui sont hissés au sommet de l’état à ce stade de leur vie et qui accusent des défaillances qui ne s’accommodent pas avec leurs immenses responsabilités, mais depuis rectification a été faite.

- On parle souvent de rajeunir les cadres en France. La France a un jeune premier ministre au moment ou j’écris : Laurent FABIUS, 37 ans. En cette année 1985, le président de Etats-Unis, Ronald REGAN a 74 ans tout comme le n° 1 soviétique. Le nouveau président du Brésil civil succédant au pouvoir militaire a 75 ans. Le président Italien PERTINI 85 ; la politique au sommet conserve sans doute. Témoin Antoine PINAY qui aura 94 ans en décembre prochain. Ainsi va la vie, exaltant pour certains qui ne connaissent que leurs charges et leur devoir qu’ils ont accompli avec conscience. D’autres sont plus chanceux sans doute plus heureux, insouciants et parfois téméraires, tout leur réussi apparemment. Que reste-t-il après la disparition de chacun ?

- Cela vaut-il qu’on laisse la trace écrite puisque, revenant à DUHAMEL, tout doit être englouti dans l’océan de l’oubli.


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