L’Histoire des Maires de Chazelles à l’époque contemporaine

vendredi 18 mai 2007
par  le chazellois

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Les Maires :

- Les pierres restent des témoins passagers mais durables des hommes et des dates.

- J’ai fait conserver, dans un angle de mur, un bloc de granit qui indique que
la vieille école, démolie en 1982, à regret, mais par nécessité, datait de 1866. Le Maire était alors un certain Néel, vraisemblablement Louis -1865-1867,
père de Mme PROVOT, Président de la commission créée le 17 septembre 1866, puis Maire jusqu’à Noël 1870.
transféré en 1905,a sa place actuelle ex propriété d’une dame Plasson .Il y eut un Maire d’un jour, le Docteur GREGOIRE, puis de 1908 à 1909, Isodore DUCASSE, ancien capitaine du 19ème Dragon,puis Percepteur de Chazelles. Un conflit, à propos de cimetière après son transfert l’intérieur de la place Thiers à l’emplacement actuel, fut aplani. En 1909, PROVOST revint, il devait rester jusqu’en 1919, la Guerre prolongeant les mandats. Ses pamphlets enflammés exhortaient le patriotisme des Chazellois dont les sacrifices furent grands pendant le conflit : près de 300 morts

- Les accents du vieil Alsacien, ceux de J.N GRANGER, Directeur d’école trop âgé pour servir, sont restés dans nos souvenirs. Chaque fois que l’on devait apposer de nouvelles plaques d’émail sur le monument aux Morts, au cimetière, une cérémonie poignante se déroulait. Une activité réduite de la chapellerie entretenait le moral de cette triste époque. Un groupe d’enfants Alsaciens avait été hébergé dans la salle de l’Harmonie par le Maire, leur compatriote, le jardin public dut en souffrir.

- Eugène PROVOT, secondé par son Premier Adjoint, J.GROMOLARD administrèrent
la commune, trop souvent chargés d’annoncer de mauvaises nouvelles aux familles.
Coiffé de son traditionnel chapeau "tour du monde", avec son fidèle accent
Alsacien, je le revois encore, rentrer à pied de son usine, parla rue qui porte
son nom avec son épouse, ou plus tard parfois, dans sa voiture, une des premières
de Chazelles, conduite par son fidèle chauffeur Honoré TISSOT. Chevalier de la
Légion d’Honneur de longue date, Eugène PROVOT fut promu Officier pendant sa retraite de 1919 à 1932, dont il ne sortit plus que lors de l’inauguration du
Monument aux Morts du Jardin Public.

- Les quatre municipalités PERONNET se révélèrent particulièrement actives. Le Maire, remarquable Administrateur secondé par Emile RIVOIRE, avait l’oeil fixé sur tous les compartiments de l’administration municipale. L’équipement de la ville se poursuivit tambour battant substitution de l’électricité en éclairage public axial, selon la nouvelle formule, au lieu des réverbères au gaz. On aménagea le kiosque de la Place Poterne, dont le sort devait suivre celui de l’Harmonie qui y donna tant de concerts. L’école communale du Claveau s’ouvrit à mi-distance avec Saint-Galmier, le réseau d’égouts s’étendit progressivement par tranches. L’hôpital s’agrandit, se perfectionna avec notamment la maternité moderne, création d’établissement de bains douches, de l’abattoir, avec l’arrière pensée d’y retenir les salaisonniers de ST SYMPHORIEN. Leur carence, ou plutôt celle de l’administration rhodanienne causa un jour la fermeture de cet établissement.

- La station de filtrage et d’élévation avec château d’eau paracheva les conditions de
distribution en améliorant la qualité du breuvage. Le logement social ne fut pas oublié, les habitations à bon marché que la Société d’Antoine VACHER avait édifiés à la Talonnière, et à la rue Verpilleux avant la Guerre, reçurent le renfort de la loi Loucheur en 1930/1931

- Henri BOURRIN, Adjoint au Maire, créa le Crédit Immobilier de l’arrondissement de MONTBRISON et réalisa avec l’architecte MALECOT que l’on retrouvera plus tard,
la cité "Bras de Fer". La prospérité de l’époque permettait 11 la construction individuelle de se manifester plus sérieusement que dans les villes voisines. La dernière réalisation de PERONNET fut sans doute la plus importante : celle du Groupe Scolaire qui fut en son temps la plus belle école du département.
Il était temps, la Guerre menaçait, la santé du Maire chancelait, Emile RIVOIRE surveilla de près les travaux, et le Groupe fonctionna dès 1938.

- Etienne PERRONNET n’était pas seulement un Maire de classe, mais un homme poli¬tique important de ce département. Il présidait la Fédération du Bloc Républicain Socialiste, dont l’organe était la Tribune. Il aurait pu être Parlementaire, mais il préféra se consacrer 11 sa ville et à son usine. Il n’était qu’Officier des Palmes Académiques !

- 1940 : la défaite et la chute de la République pour laquelle il avait tant lutté. 1941, les Municipalités Républicaines sont pour la plupart dissoutes par le Gouvernement de VICHY. Quelques Maires de gauche furent réinvestis dont, celui de CHAZELLES, mais il devait disparaître avant de former son Conseil Municipal.

- Le Préfet chargea alors Max FLECHET, Conseiller Général du canton, un des principaux industriels locaux, des fonctions de Maire et du choix de ses Conseillers. Il conserva un certain nombre d’Elus de 1935 avec de nouveaux éléments selon l’activité limitée par les circonstances.

- Ennemi du nouveau Régime, je reconnais objectivement qu’il fit de son mieux en face de l’occupant. La chapellerie permit à un certain nombre d’ouvriers de ne pas partir en Allemagne en S.T.O. La légion des combattants créée par PETAIN pour appuyer son action, connut un développement réduit dans notre pays.

- La Résistance s’organisa petit à petit, les initiatives finirent par converger, d’autres publications sur la Résistance apportent des éléments complémentaires.

- Les maquis se formèrent, les réseaux couvrirent le secteur, les liaisons s’assurèrent. Certes, il y avait bien chez nous ce que l’on appelait des collaborateurs, mais aucun élément ne fut nocif au point de nous dénoncer : aucune arrestation, autre que celle de Jean HOSPITAL, dirigeant C.G.T. Jacques THOINET qui échappa au peloton, avait déjà quitté CHAZELLES. Le Marché noir conduisit quelques patrons chapeliers au camp d’internement de SISTERON.

- La Résistance armée s’organisa assez tard autour d’Adrien MONIER, dit RODOLPHE. Un ouvrage a popularisé son action, mais d’autres groupes ou individualités oeuvraient de leur côté.

- Un certain nombre de nos compatriotes combattirent sous d’autres commandements.
La propagande clandestine pénétra partout, MIRABEL fut souvent l’âme de l’action. Henri GRANGY et moi avons travaillé ensemble dans diverses directions. L’Abbé LABROSSE convainquit beaucoup de paroissiens. Un Comité clandestin de Résistance fut constitué pour la coordination laborieuse à l’image de C.N.R de Jean Moulin sur le plan national.

- J’étais l’un des sept de la libération, nous sommes devenus le Comité de
Libération et peu de temps avant cette libération, nous perdîmes notre camarade Claude PROTIERE tombé sous les balles d’un milicien alors qu’il faisait précisément un geste d’humanité.
En Juillet 1944, le Gouvernement provisoire du Général DE GAULLE promulgua l’ordonnance d’ALGER, organisant les Pouvoirs Publics au lendemain de la Libération.

- Le C.D.L., émanation du C.N.R(COMITE NATIONAL DE LA RESISTANCE) sur le plan départemental, mit en place les nouvelles municipalités. Le Comité local de Libération élabora ses propositions, mon nom avait été prononcé dans la clandestinité, j’avais indiqué alors qu’il ne fallait pas trop prévoir de précisions, de personnalisation, ne sachant point comment et par qui viendrait la fin de l’Occupation. Notre Comité demanda à PEZ, le Président d’accepter les fonctions de Maire, mais sa versatilité nous obligea à nous orienter différemment malgré quelques tergiversations de MONIER.

- Le Commandement MAREY, consulté, se rangea au choix que MIRABEL, nouveau Président et nos collègues J.B. BROSSE, J. BAYARD, Pierre CERNIZE, François RAVACHOL avaient fait. C’est ainsi qu’à 34 ans je devins Maire.

- C’est le Conseil nommé par le Préfet, sur proposition du Comité Départemental de Libération qui m’élit à l’unanimité ; mes 5 Collègues du Comité devenaient Adjoints ou Conseillers Délégués.

- Ce fut la fierté de ma vie que d’être appelé à ce poste de responsabilités et d’y avoir préconisé et animé l’Union des Elus et l’Union des Chazellois, au lendemain des heurts qu’il fallait oublier pour remonter le courant.

- J’avais été très proche de PERONNET, à qui j’avais pourtant refusé en 1935 d’être candidat sur sa liste. Je connaissais d’assez près l’administration municipale, ayant appartenu à des Commissions diverses, participé à différentes manifestations
politiques, côtoyé des Parlementaires. La tâche ne m’épouvanta pas, et nous mêmes résolument à l’oeuvre, venus chacun d’un horizon différent et l’épreuve vécue en commun l’idéal qui nous animait, rendaient les conditions moins
difficiles.

- Le rationnement subsistait provisoirement, ce qui était un peu décevant pour la population, mais on savait tous que l’on allait résolument vers des jours meilleurs. Il a fallu parfois, pour assurer le pain, aller faire, les adjoints et moi, la collecte de blé chez nos paysans qui n’avaient plus de raisons de réticences, celle du lait aussi un peu plus tard, la natalité se développant. Nous avons veillé à ce qu’il n’y ait pas d’incidents comme dans d’autres localités à l’encontre de gens qui s’étaient quelque peu égarés durant l’Occupation.

- En Mai 1945, le suffrage universel validait notre Conseil Municipal, ratifiant ce que nous avions fait. Dès octobre 1944, nous poursuivîmes un demi mandat provisoire de trois ans, jusqu’en 1947. Je publiais alors une plaquette qui retraçait l’important travail accompli en trois ans "d’administration municipale". On pourrait s’y reporter le cas échéant.

- Les Partis avaient repris le dessus, les trois qui avaient le label Résistance, quelque peu exclusif si je puis dire, se partageaient les pouvoirs de la République. Ils avaient tous des ramifications locales hormis le P.S., jamais implanté d’ailleurs depuis les années 1900. J’avais dû moi-même faire un choix, celui du juste milieu et de la fermeté républicaine : le parti Radical d’Edouard HERRIOT ; je me trouvais l’arbitre.

- Communistes et M.R.P se sentaient assez forts aux Municipales de 1947 pour affronter seuls le suffrage universel. Les nouveaux militants n’écoutèrent pas leurs vieux leaders, Pierre CERNIZE et Alphonse TROUBAT, tous deux anciens combattants
de 1914, heureux d’avoir avec moi scellé l’union dont il sera démontré plus tard quelle était le remède aux difficultés sociales que nous allions connaître.

- Chacun lança la bataille séparément. Je formais une liste de Centre Gauche avec les anciens conseillers municipaux de 1935 et de jeunes éléments pris dans tous les milieux. L’éclatement en trois de la municipalité sortante conduisit au succès de la liste FLECHET, qui faisait figure de revanche et qui bénéficia de la création par DE GAULLE du R.P.F, ce qui encouragea une certaine volte-face. Cette liste fut élue toute entière à l’exception de PEZ dont il est question plus haut, et dont le transfert ne fut jamais appréciée.
Je fus élu seul de ma liste et remis ma démission de Conseiller Municipal aussitôt.

- La nouvelle municipalité FLECHET accomplit deux mandats avec les mêmes éléments de 1947 à 1953 et de 1953 à 1959. On peut noter à son actif la hausse du barrage et la nouvelle canalisation amenant à la station de pompage, l’installation du floculateur aux filtres améliorant la qualité de l’eau. Un programme d’égouts par tranches continua ainsi qu’un aménagement des chemins de campagne. Une première tranche de logements H.L.M avec le concours de l’Office de l’Arrondissement de MONTBRISON auquel j’appartenais, le premier lotissement dit "Lamartine" fut amorcé avec un financement de 1 % sur les salaires de la chapellerie, qui nous fut refusé plus tard.

- Il y a lieu de mentionner qu’a cette époque, la décadence de la chapellerie s’accentua, signe des temps, nouveau mode de vie ; c’était irréversible.
Entre-temps, le Maire devenu Sénateur puis a l’avènement de V ème république Secrétaire d’Etat aux Affaires Economiques et au Commerce Extérieur, les Chazellois attendaient de lui au moment ou l’expansion se déployait, la recherche et l’implantation d’industries nouvelles. Rien ne vint, la population fut déçue. A terme, en 1959, l’électorat rappela le Maire de la Libération qui avait de toutes autres intentions.


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